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3 janvier 2012 2 03 /01 /janvier /2012 09:53

DirigeantsBRICLa moitié. En terme d'étendue géographique, de population comme de PIB, le Brésil représente la moitié de l'Amérique du Sud. Il est frontalier avec tous les pays du sous-continent, sauf l'Equateur et le Chili. Le Brésil est politiquement stable, économiquement prospère, à la pointe dans nombre d'industries, dont l'aéronautique, et il bénéficie de richesses humaines et naturelles exceptionnelles.

Une ambition globale

Le Brésil est incontournable en Amérique latine, et il compte à l'échelle du monde. Il est un exportateur collossal de denrées agricoles et de matières premières, notamment vers la Chine, son premier partenaire commercial, et il est considéré comme une grande puissance émergente : il est le B des BRIC, aux côtés de la Russie de l'Inde et de la Chine (cf. photo : de gauche à droite, le Premier ministre indien Manmohan Singh, le Président russe Dimitri Medvedev, le Président chinois Hu Jintao et Lula). N'est-il pas devenu la 6e économie mondiale à la fin 2011, avec en ligne de mire la 4e place à l'horizon 2020 ? Le Brésil a aussi certaines faiblesses internes mais, sous l'impulsion de Lula, et désormais avec Dilma Roussef, il nourrit de légitimes ambitions globales dans un monde multipolaire : il aspire à assumer certaines responsabilités politiques, c'est-à-dire en matière de maintien de la paix et de protection des droits de l'Homme, qui sont l'apanage des Grands.

Une stratégie Sud-Sud

De même que le Mexique et l'Argentine, le Brésil a intégré le G20 dès sa création au niveau des chefs d'Etat et de gouvernement en 2008. Il est candidat - tout comme l'Allemagne, l'Inde ou le Japon - a un siège permanent au Conseil de sécurité de l'ONU. Il participe activement au maintien de la paix dans le monde : il a montré sa capacité en la matière à la tête de la Minustah, la Mission des Nations Unies de stabilisation en Haïti. Intégrant les évolutions des équilibres géopolitiques mondiaux, le Brésil a misé sur le Sud : en inventant des sommets arabo-sud-américains, en instituant un dialogue à trois avec l'Inde et l'Afrique du Sud, en multipliant les rapprochements avec la Chine.

Des craintes dans son "pré carré"

Mais pour que la voix du Brésil porte autant que Lula et Dilma Roussef le souhaiteraient, le pays doit aussi se présenter comme le porte-parole d'une région unifiée. D'où son refus du Traîté de libre commerce des Amériques, imaginé par les Etats-Unis, et ses efforts permanents pour rapprocher, en matière commerciale, la Communauté andine des Nations et le Mercosur dont il est membre. D'où la création de l'UNASUR, union de la totalité des nations sud-américaines, supposée doter le sous-continent d'une véritable structure politique. D'où aussi, la méfiance qu'il suscite auprès de ses voisins, qui craignent d'être entraînés dans une dépendance économique et politique à son seul profit. D'où, enfin, l'échec jusqu'à ce jour de toutes les tentatives d'institutionnalisation de la coopération régionale et la multiplication de structures comme autant de coquilles vides.

Des positions difficiles à admettre

Les ambitions du Brésil et sa stratégie Sud-Sud peuvent aussi l'amener sur des positions difficiles à admettre par les vieilles démocraties occidentales : ainsi de sa proximité avec l'Iran d'Ahmadinejad ou de la trop longue compréhension manifestée auprès de la Libye de Kadhafi. Si l'on peut comprendre l'ambition du Brésil et son envie de renverser la table face à de vieilles puissances peu désireuses de changement, cet empressement devient de la précipitation quand il conduit au soutien de régimes non démocratiques. A moins qu'il ne faille y voir une concession au turbulent voisin, le provocateur Hugo Chavez ?

Quoi qu'il en soit, si le Brésil grimpe dans le classement des nations les plus influentes - et l'attribution de l'organisation de la Coupe du Monde de football 2014 et les JO 2016 en sont le signe -, s'il aura certainement un jour sa place aux premiers rangs, il doit mesurer le chemin qui lui reste à parcourir dans une communauté internationale certes en évolution, mais qui n'est pas prête à renier certaines valeurs qui la fondent : la paix et la sécurité, mais aussi la démocratie et les droits de l'homme, qui en sont les conditions. Il n'est ainsi plus question aujourd'hui pour les pays occidentaux d'admettre le Brésil parmi les membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU.

Retrouvez l'actu brésilienne sur le site du journal O Globo.

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