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Simon Bolivar
La conscience
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Editions Toute Latitude
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Les lettres et discours politiques essentiels du Libertador : la porte d'entrée désormais classique dans l'univers de Simon Bolivar et dans la pensée politique contemporaine en Amérique latine. Traduit et présenté par Laurent Tranier.

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14 juin 2011 2 14 /06 /juin /2011 07:59

OllantaHumala.jpgOllanta Humala a remporté dimanche 5 juin l'élection présidentielle péruvienne avec 51,6% des voix contre 48,4% à son adversaire Keiko Fujimori.

La victoire d'Ollanta Humala est relativement nette si l'on considère que les deux candidats étaient donnés au coude à coude, avec peut-être même un léger avantage à Keiko Fujimori, quelques jours avant le second tour du scrutin.

Cette victoire, qui intervient au terme d'une campagne fortement polarisée qui avait vu l'élimination des candidats les plus modérés dès le premier tour, oblige le vainqueur : Ollanta Humala doit rassurer les classes moyennes et les milieux économiques.

L'inspiration de Lula et le soutien de Mario Vargas Llosa

Classé à gauche, très à gauche voire trop à gauche lors de l'élection précédente de 2006 où il se réclamait d'Hugo Chavez, Ollanta Humala a tiré les leçons de son échec d'alors. Il a, cette fois-ci, voulu rassurer tout en assumant sa place sur l'échiquier politique. Ainsi a-t-il préféré prendre pour référence celui qui est en passe de devenir une martingale électorale pour l'ensemble du sous-continent, l'ancien président brésilien, le toujours aussi populaire Lula. Fort de ses conseils et de son soutien affirmé, Ollanta Humala a su lisser son image d'ancien putschiste proche de Chavez et attirer une partie de l'électorat issu des classes moyennes qu'il aurait précédemment pu effrayer. Le soutien inattendu du Prix Nobel de littérature Mario Vargas Llosa, homme de droite rejetant l'héritage fujimoriste considéré comme dictatorial, aura peut-être aussi été décisif.

C'est à travers la modération de son projet qu'Ollanta Humala a rassuré. L'inspiration "luliste" de son programme est d'ailleurs mieux adaptée à la réalité péruvienne que les lubies chavistes : le Venezuela est un riche Etat pétrolier, totalement dépendant de cette ressource naturelle par ailleurs très mal gérée car souffrant de sous-investissement (ce qui entraîne une baisse non désirée de la production). Ce sont les pétrodollars d'Hugo Chavez qui lui ont permis jusqu'à présent à la fois de s'attirer la sympathie de la population la plus modeste et d'acheter les fidélités nécessaires à son maintien. Sans qu'il se préoccupe du développement durable du Venezuela et tout en effrayant les investisseurs à coups de contraintes législatives et d'expropriations décidées et annoncées au même instant, de préférence en direct à la télévision...

Des premiers gestes encourageants

Le modèle brésilien, celui d'un grand pays avec d'immenses ressources naturelles, agricoles, minières, énergétiques, humaines, correspond mieux à la réalité du Pérou qui, dans un contexte de forte croissance économique (8,3% en 2010) peine à réduire la grande pauvreté. C'est le coeur du projet d'Ollanta Humala et son principal engagement : augmenter la fiscalité sur un secteur minier florissant pour augmenter le salaire minimum, créer un revenu minimum vieillesse, lutter contre la malnutrition, etc. : un programme inspiré des "bolsas", les bourses octroyées aux familles par Lula au Brésil. Rien en revanche de nature à effrayer les investisseurs (pas de nationalisations ni d'expropriations) ou à dégrader les excellents fondamentaux de l'économie péruvienne (comptes de l'Etat en équilibre, dette maîtrisée, libre-échange efficace et donc forte croissance économique).

La bourse de Lima ne s'y est pas trompée qui, après avoir perdu 12,5% le lundi suivant l'élection, a regagné 10% en deux jours. Ollanta Humala le sait, le plus difficile commencera pour lui à partir de son investiture le 28 juillet 2011 : car il ne possède pas une majorité pour gouverner avec son seul parti, Gana Peru. Les rapprochements ont d'ailleurs commencé avec la formation de son prédécesseur modéré Alejandro Toledo, Peru posible. Et Humala, fort de sa légimité démocratique mais avec ce souci permanent de rassurer, a tendu la main, au lendemain de l'élection, à son adversaire malheureuse - qui l'a acceptée en lui souhaitant bonne chance - tout en s'engageant à constituer un gouvernement élargi de "concertation nationale". Des premiers gestes encourageants.

Le site du Parti nationaliste péruvien d'Ollanta Humala.

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16 avril 2011 6 16 /04 /avril /2011 15:22

OllantaHumala-KeikoFujimori.jpgLe premier tour de l'élection présidentielle péruvienne du 10 avril 2011 a plongé les formations politiques traditionnelles et modérées dans le désarroi. La faute d'abord à leur désunion et à l'éparpillement des voix sur trois candidats (Pedro Kuczynski : 18,5 %, Alejandro Toledo : 15,6 % et Oscar Castaneda : 9,8 %). La faute surtout à la forte personnalité de leurs adversaires qui ont su se rendre crédibles en s'adressant autant à la raison qu'à l'inconscient des électeurs.

Passif contre passif

Sont en effet qualifiés pour le second tour Ollanta Humala (31,7 %), 48 ans, ancien militaire, ancien putschiste, candidat d'une gauche dure précédemment chaviste et Keiko Fujimori (23,5 %), 35 ans, députée et... fille d'Alberto Fujimori, ancien président péruvien, condamné à 25 ans de prison pour violation des Droits de l'homme et corruption mais dont les Péruviens se souviennent surtour de la victoire contre la guérilla maoïste du Sentier lumineux dans les années 1990. Keiko Fujimori est la candidate d'une droite considérée elle aussi comme dure.

La fin des idéologies

Les candidats - est-ce vraiment un paradoxe ? - proposent des programmes quasiment identiques, promettant une meilleure répartition des fruits de la forte croissance économique (8,8 % en 2010) et une lutte impitoyable contre la corruption et un narcotrafic en pleine expansion. Il apparaît que les électeurs n'ont pas regardé les étiquettes partisanes ni les idéologies mais qu'ils ont opté pour des candidats dotés de forte personnalités et résonnant dans l'inconscient collectif avec des attentes d'ordre et de justice sociale.

Un second tour qui s'annonce ouvert

Le deuxième tour, le 5 juin 2011 s'annonce très ouvert. La victoire reviendra à celui qui saura rassurer les 44 % d'électeurs qui ont choisi au premier tour l'un des trois autres candidats modérés, Ollanta Humala bénéficiant d'ores et déjà du soutien affirmé du précédent président brésilien, Lula. Reste à savoir si l'effet Lula qui a si bien fonctionné dans son pays au profit de Dilma Roussef en 2010 est exportable.... Ce n'est pas gagné quand une grande conscience péruvienne comme le Prix Nobel de littérature Mario Vargas Llosa considère que ses conpatriotes ont désormais le choix entre "le cancer et le sida" !

 

RAPPEL : Le CECUPE (Centre Culturel Péruvien) de Paris organise un grand concours littéraire à l'occasion de son 25e anniversaire. Inscription jusqu'au 31 mai 2011.

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7 juin 2009 7 07 /06 /juin /2009 22:14
Que s'est-il passé dans la Province de Bagua, au Nord du Pérou les 5 et 6 juin ? De 30 à 50 morts, peut-être 150 blessés : depuis plusieurs semaines, 2000 à 5000 indigènes appartenant à 65 ethnies, selon RFI, sont mobilisés contre un décret qui aurait pour effet de favoriser l'exploitation des hydrocarbures dans la région amazonienne au Nord du Pérou : "les Indiens révoltés craignent d'être dépossédés de leurs terres et ils multiplient les actions en bloquant les routes et les voies". Un groupe de policiers a été pris en otage : la tuerie serait le résultat des opérations de libération.
Au-delà des possibles manipulations politiciennes, ces événements très graves posent une question récurrente dans cette région : que ce soit en Equateur tout proche, en Bolivie ou sur le territoire du géant brésilien. Les tribus indiennes sont préoccupées par les risques que l'exploitation des hydrocarbures - et les dérives environnementales fréquemment observées - font peser sur l'environnement amazonien.
Le risque est toujours le même : ce rejet peut déboucher sur des confrontations violentes et une déstabilisation de gouvernements démocratiquement élus. Mais alors que la tentation se fait de plus en plus forte, au fur et à mesure que le pétrole retrouve des cours élevés et alors que la fin de la crise approche, avec son corollaire, l'augmentation de la demande et des cours des matières premières (énergétiques, minérales, agricoles), quelle peut-être la solution ? Dans un monde hydillique, on attendrait des entreprises publiques d'exploitation, autant que des compagnies privées concessionnaires, une conscience élevée de leur responsabilité environnementale. Dans le monde tel qu'il va, où les aspirations à un meilleur niveau de vie sont légitimes mais difficilement conciliables avec une prise de conscience quasi-mondiale des exigences de protection de l'environnement, que peut-on exiger ?
En la matière, l'Equateur a su faire preuve d'un peu d'imagination et de beaucoup d'audace : ce pays a proposé de renoncer à extraire le pétrole de la réserve Yasuni, en échange d'une compensation de la communauté internationale équivalente à la moitié des recettes que pourrait en tirer l'Etat. Le potentiel du gisement est de 100 000 barils par jour durant treize ans. Selon Le Monde, renoncer à une telle manne suppose un manque à gagner de 720 millions de dollars par an. Cette idée étonnante a été lancée par le président équatorien Rafael Correa devant l'Assemblée Générale de l'Organisation des Nations Unies. Elle a suscité l'intérêt de plusieurs pays d'Europe du Nord. C'était en 2007, avant la crise. Le prochain épisode attendra des jours meilleurs...
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